Encore de nouveaux cas d'esclavage !
En 1997 un garçon du nom de M'Bareck, âgé de 16 ans, prend la fuite de chez ses maitres, la famille Ethmane, du village de Haddad , 60 km à l'Est de Kaédi. M'Bareck s'échappe des affres de l'esclavage arabo-berbères ; il laisse, derrière lui, sa mère Ghroumaniya, ses frères Sleylmou et Merba.
Il se réfugie alors chez Alioune Ould Manza, à l’époque député de la ville de Kaédi, membre du parti-Etat (PRDS) de l'ex-dictateur Maawiya Ould Sid'Ahmed. L’élu est issue de la communauté Hratin, esclaves et anciens esclaves de Mauritanie.Sa maison est connue pour servir de lieu de refuge aux captifs fugitifs dans cette région Sud de la Mauritanie. M’Bareck vivait chez Oul Manza depuis lors.
En l'an 2000, Ghroumaniya, la mère de M'Bareck, ne jouissant pas de ses capacités d’élocution, donc muette, s'enfuit, à son tour, vers la ville de Kaédi, chef-lieu de la région du Gorgol; ses maitres, Ehel Ethmane, la poursuivent. Le procureur de la république du tribunal de Kaédi se saisit de l'affaire et décide de la leur remettre au motif qu’ils sont ses meilleurs tuteurs.
L’événement.
Le samedi, 1er mai 2010, un groupe de personnes à la recherche du bois morts dans la brousse de Kaédi, trouvent un garçon de 28 ans, Laghdhaf, fils de Ghroumaniya, avec des habits loqueteux et dans un état psychologique lamentable. Il leur apprend avoir fui les maltraitances par ses maitres Ehl Ethmane. Il cherche à atteindre Kaédi. Les porteurs de bois ramènent le fuyard jusqu'à la ville et l'introduisent chez de Alioune Ould Manza.
Ce dernier, choqué par l'état du jeune homme, le conduit sans tarder devant le préfet, Sidi Ould Noumane. Là, Laghdhaf déclara que sa mère, ses frères Sleylmou (26 ans), Merba (24 ans) et sa sœur Sleylemha ( 11 ans ) continuent, après sa fuite, de subir l'enfer de l'esclavage.
Le préfet et le commandant de la brigade de gendarmerie, embarquent à destination du lieu décrit par le fuyard, accompagnés de Alioune Ould Manza et de Laghdhaf. Arrivés au lieu-dit Rouebina dans la zone nommée Haddad, ils constatent que le maitre a séparé la femme esclave de sa progéniture, dans différents foyers de maitres. Ils ne possèdent pas de pièces d'état-civil, ni de toit propre et se meuvent dans des guenilles; ils ne savent lire ni écrire et n'ont jamais été inscris à l'école.
Réaction de l’autorité.
Le représentant de l'État pose alors une question aux maitres: « Payez-vous ces gens? » Les maitres répondent par la négative; ils précisent, néanmoins, que les esclaves possèdent 30 têtes de moutons et un chameau, contrepartie informelle de tout leur travail.
Les autorités confisquent alors le bétail et les esclaves et s'en vont, refusant catégoriquement de poursuivre les coupables d’un flagrant délit. Donc, une fois de plus, les maitres arabo-berbères, en dépit de l’actualité du crime perpétré sur des populations serviles, bénéficient de l'impunité totale de la part du pouvoir. Il importe de le souligner ici, la famille d'esclaves, dont les enfants ne connaissent pas leur père, a été héritée, de mère en mère, par Ehl Ethmane, puisque l'esclavage se transmet selon la ligne matrilinéaire.
Dès les premiers heures de leur arrivée à Kaédi, les membres de L’initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) de Mauritanie, tentent d’établir une relation avec les victimes pour les assister et soustraire aux tentatives, par les autorités, d'escamoter leur cas et dénaturer les faits afin d’étouffer le scandale. Le préfet empêche tout rapport avec les esclaves et refuse, à nos représentants, de les approcher ou de les photographier; les victimes demeurent, jusqu'à présent isolées, dans une maison sous le contrôle de policiers et de gendarmes en civil.
Conclusion.
L’Ira poursuit ses efforts pour faire assurer à cette énième affaire d’esclavage étouffé, la publicité requise afin que l’Etat mauritanien prenne ses responsabilités et assure, aux Hratin la protection et les droits reconnus, à eux, par le droit international d’abord, la Constitution ensuite. La République Islamique de Mauritanie prétendument régie par la Charia, organise et perpétue la falsification et la fraude, sur des cas d’exploitation avérée d’être humains, seulement pour maintenir, au dessus de la loi, les privilèges et l’immunité d’une catégorie de la population, définie par sa naissance, au détriment d’’autres concitoyens, rendus mineurs et inférieurs, en vertu du même système de distinction raciste.
Fait à Nouakchott le 10 Mai 2010
IRA
Naissance du Comité de Soutien de Biram Ould Abeid
Déclaration :
Soutien et Solidarité avec le titulaire du passeport : M0019773
Le comité de soutien et de solidarité avec le défenseur des droits humains Biram Ould Dah Ould Abeid observe avec étonnement le pas franchi par le pouvoir qui a procédé d'une manière arbitraire à la restriction de la liberté de mouvement du président IRA Mauritanie et membre de SOS Esclaves.
L'obstruction faite au renouvellement du passeport de ce militant des droits humains par le ministre de l'intérieur et de la décentralisation constitue une alerte pour les membres de ce comité ainsi que pour l'opinion publique nationale et internationale.
Le comité exprime sa réprobation de ce procédé et apporte son soutien indéfectible à l'infatigable Biram Ould Dah Ould Abeid, car le comité considère que cet acte des autorités mauritaniennes est une violation grave des droits de l'homme et une provocation qui ne dit pas son nom. Du coup, cet acte empêche le défenseur des droits humains de se déplacer à cause de la privation des documents lui permettant de mener à bien sa mission de sensibilisation et de dénonciation.
Le comité souligne que le droit de se déplacer, liberté primaire fait partie, des droits individuels qui doivent être sauvegardés même pendant les régimes d'exception. Le comité international ( Afrique, Europe, Amérique et Asie) de soutien et les sympathisants du défenseur des droits humains Biram Ould Dah Ould Abeid demandent au haut commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme de faire pression sur le pouvoir Mauritanien pour qu'il rompe avec la politique de restriction, de pression et d'intimidation des activistes des droits humains.
Ce même comité revendique pour ces combattants de la liberté le droit à la protection pour que leur mission visant la promotion et la protection des droits humains soient remplies pour le bien de la communauté des hommes.
Le comité lance aussi un appel aux organisations de la société civile nationale et internationale en vue d'apporter leur soutien au défenseur des droits humains au président d‘IRA Mauritanie et dont les causes ne sont autres que ses positions de défense des droits humains et sa démarche d'assistance envers les victimes, des violations quotidiennes des droits de la personne humaine, violations qui continuent à être le lot de certaines franges larges et groupes du peuple Mauritanien.
Le comité de soutien se félicite de la réaction de la FIDH et de l'OMCT qui donnent la mesure exacte de la liberté en danger en Mauritanie. Notamment son appel à la CADHP « à intervenir auprès des autorités mauritaniennes en faveur de Monsieur Biram Ould Dah Ould Abeid et le cas échéant, de prendre position sur cette affaire au cours de sa visite en Mauritanie.
Nouakchott, le 13 Février 2009
Le Comité de Soutien du Président de IRA Mauritanie
FIDH : Harcèlement et diffamation à l'encontre d'un défenseur
Le 6 février 2010, M. Biram Ould Dah Ould Abeid, qui est très actif dans la lutte pour l’abolition du crime d’esclavage dans son pays, s’est vu refuser sa demande de renouvellement de passeport par la Direction de la sûreté nationale, sans motif valable. M. Biram Ould Dah Ould Abeid, en tant que membre de la Commission nationale des droits de l’Homme, dispose en effet d’un passeport de service dont le renouvellement dépend d’une demande écrite adressée au directeur de la sûreté nationale. Cependant, suite à une notification verbale du secrétaire général du Gouvernement, la Direction de la sûreté nationale a refusé la demande de M. Biram Ould Dah Ould Abeid, dont le passeport arrive à expiration le 4 avril 2010. Or M. Biram Ould Dah Ould Abeid doit assister au Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH), organisé à Genève du 5 au 14 mars 2010, afin de présenter le documentaire « Chasseurs d’esclaves »[1] sur le travail mené par l’organisation SOS-Esclaves, et les autorités suisses exigent une période de validité du passeport de trois mois au-delà de la date de sortie du territoire pour accéder à une demande de visa. De plus, le 9 février, l’Inspecteur général des armées, le colonel Mohamed Ould Meguett, a signalé à deux proches de M. Biram Ould Dah Ould Abeid intervenus en faveur de ce dernier à ce sujet que le refus de renouvellement de son passeport « n’était qu’un avertissement » et que la tolérance à son égard « avait atteint ses limites ».
M. Biram Ould Dah Ould Abeid est l’objet d’une attention particulière des autorités mauritaniennes depuis sa participation à la conférence intitulée « L’esclavage en terre d’Islam : pourquoi les maîtres mauritaniens n’affranchissent pas leurs esclaves ? », organisée au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE) le 17 février 2009 à Paris. Lors de cette conférence, ce dernier avait notamment dénoncé la persistance de l’esclavage et sa légitimation par l’application de la charia en Mauritanie et ses déclarations avaient été reprises dans plusieurs journaux africains. Puis les actes de harcèlement à l’encontre de M. Biram Ould Dah Ould Abeid se sont amplifiés à la suite de la conférence de presse donnée à Nouakchott le 3 novembre 2009 par Mme Gulnara Shahinian, rapporteure spéciale des Nations unies sur les formes contemporaines d’esclavage, au terme de sa visite. Les autorités reprocheraient à M. Biram Ould Dah Ould Abeid d’avoir informé Mme Shahinian sur la persistance des pratiques esclavagistes et la gravité de ce problème en Mauritanie[2].
Ainsi, par exemple, au mois de novembre 2009, un article anonyme contenant des propos diffamatoires à son encontre, notamment des allégations sur ses liens avec les services secrets israéliens, avait été publié sur le portail d’information elbidaya.net et relayé par un grand nombre de sites Internet mauritaniens. De plus, à cette même période, un individu non-identifié avait tenté de s’introduire à son domicile avant de prendre la fuite. En outre, le 23 novembre 2009, le Ministre de l’Intérieur avait averti M. Biram Ould Dah Ould Abeid par l’intermédiaire d’un proche de ce dernier qu’il avait reçu « un mandat du président de la République pour traiter son cas » et l’avait également sommé de « cesser toute déclaration ou activité de lutte contre l’esclavage » et de « venir lui exposer tous les cas d’esclavage dont il avait connaissance ».
L’Observatoire condamne les atteintes à la liberté de mouvement de M. Biram Ould Dah Ould Abeid ainsi que les actes de menaces et diffamation à son encontre, et considère que ces mesures visent à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme.
Par conséquent, l’Observatoire demande instamment aux autorités mauritaniennes de cesser les actes de harcèlement à l’encontre de M. Biram Ould Dah Ould Abeid, de lever immédiatement les obstacles à sa liberté de mouvement, et de garantir l’intégrité physique et psychologique de ce dernier conformément à l’article 12.2 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998.
Par ailleurs, l’Observatoire a été informé de la visite, depuis le 9 février 2010, d’une mission de promotion de la Commission africaine de droits de l’Homme et des peuples (CADHP) composée notamment du commissaire M. Mohamed Khalfallah, rapporteur de la CADHP sur les défenseurs des droits de l’Homme en Afrique. L’Observatoire appelle donc le commissaire Khalfallah à intervenir auprès des autorités mauritaniennes en faveur de M. Biram Ould Dah Ould Abeid et, le cas échéant, de prendre publiquement position sur cette affaire au cours de sa visite en Mauritanie.
Pour plus d’informations, merci de contacter :
· FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18
· OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39
SE RESSAISIR
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE DE MAURITANIE (IRA-MAURITANIE)
Se ressaisir
Après cinquante années d'existence, la classe politique mauritanienne sous ses différents clivages (nationalistes, islamistes, libéraux, socialistes...) est globalement, dans ses pratiques, l'expression en des formes variées, d'une farouche volonté de pérennisation d'un système social et d'Etat raciste et esclavagiste.
De rares mouvements ou partis politiques mauritaniens se sont astreints la mission noble et difficile de lutter contre l'esclavage et le racisme dont sont victimes les ethnies noires de Mauritanie ainsi que la communauté H'ratin (esclaves et anciens esclaves de Mauritanie).
Peuvent être citées comme formations constituantes de ce lot restreint : El Hor (Mouvement de Libération et d'Emancipation des H'ratin), le FLAM (Front de Libération des Africains de Mauritanie), APP (Alliance Populaire Progressiste) et AJD/MR (Alliance pour la Justice et la Démocratie Mouvement du Renouveau).
Malheureusement de nos jours, ces formations sont, pour certaines traversées par le doute (FLAM) ou simplement minées par la renonciation (AJD/MR), d'autres sont agitées par des remous internes tout en inaugurant une absence inhabituelle sur le front de la dénonciation et des luttes contre les différentes formes d'esclavages et de racisme institutionnalisés en Mauritanie (El Hor et APP).
Toutefois il est à regretter depuis quelques temps que l'action de la classe politique s'est limitée à l'engagement contre le coup d'Etat militaire survenu le 06 Août 2008 en Mauritanie, la dénonciation des agressions d'Israël contre le territoire de Gaza en janvier 2009 et la solidarité bruyante avec les victimes et /ou cibles de la « campagne de lutte contre la gabegie ».
Il est à considérer que ces engagements, ces dénonciations et cette solidarité doivent être solennellement, publiquement et officiellement élargies aux pratiques de racisme primaire et à la discrimination, très visibles dans les différents concours de recrutement au sein de la fonction publique et corps constitués de l'Etat Mauritanien ; ces actions doivent - elles être aussi élargies contre les campagnes systématiques d'expropriation foncière à caractère raciste et esclavagiste dont sont victimes les noirs et les H'ratin ; contre la persistance des pratiques esclavagistes et l'impunité que les autorités mauritaniennes assurent aux segments dominants qui s'adonnent à l'esclavage ; contre l'instrumentalisation du pouvoir judiciaire, et de l'administration publique et les biens et richesses publics au profit d'une seule communauté.
Il est à souligner que les lignes rouges édictées par le système à l'encontre de toute forme d'action et d'analyse visant sa remise en cause véritable et déterminée et érigées en politiquement correct, doivent être transgressées pour une compétition ouverte, sans merci et salvatrice avec les tenants de l'esclavagisme, du racisme et de la suprématie.
Il faut considérer que faute de franchir ce pas décisif, les formations politiques et civiles progressistes vont continuer à jouer le rôle de caution et de décor pour une pseudo démocratie, compartiment dont l'essence est la légitimation des formes d'injustice et d'anachronisme qu'elles sont censées combattre.
Aujourd'hui, IRA /Mauritanie expose aux medias et à l'opinion publique nationale et internationale plusieurs cas graves d'esclavage et de discrimination, phénomènes qui structurent l'Eta et la société mauritaniens. Parmi ces cas certains relèvent de notre système judiciaire, nos lois, et les contradictions criantes et pénalisantes pour les citoyens les plus humbles en ce sens que la « Charia Islamique » (version locale du code malékite), toujours en vigueur depuis sa proclamation il y'a quelques décennies, cohabite avec un droit moderne, accentuant ainsi la marge de manœuvre de juges moulés dans une culture et idéologie sociale inégalitaires et réfractaires aux Principes des Droits Humains.
IRA Mauritanie lance un appel aux formations politiques et civiles pour s'investir dans la lutte contre la contradiction et la confusion qui caractérisent l'arsenal juridique mauritanien et qui sont dues à la cohabitation entre code malékite archaïque et obscurantiste et droit positif moderne.
Nouakchott, le 07 Février 2010
مبادرة المقاومة من أجل الإنعتاق
من اجل قطبية جديدة
بعد ما يناهز الخمسين سنة من عمر الدولة الموريتانية والطبقة السياسية بمختلف خلفياتها القومية والإسلامية والليبرالية والاشتراكية تستغل مواقعها بصفة عامة للتعبير عن أنماط أو أشكال متعددة لغاية واحدة تهدف من ورائها إلى تقوية و استمرارية نظام اجتماعي عنصري و استعبادي ذات طابع مؤسساتي إقصائي.
ومع قلة الحركات والأحزاب السياسية الموريتانية التي كانت قد آلت على نفسها القيام بمهام النضال ضد أشكال العنصرية والعبودية اللتين ترزح تحت نيرهما مجموعات الأفارقة الموريتانيين وشريحة الحراطين (العبيد والعبيد السابقين في موريتانيا) الوافرة؛ ويسجل التاريخ السبق الذي قادته حركة الحر (منظمة تحرير وإنعتاق العبيد والعبيد السابقين في موريتانيا) إلى ذلك وحركة أفلام (جبهة تحرير أفارقة موريتانيا)، ومن بعد ذلك اضطلاع التحالف الشعبي التقدمي والتحالف من أجل العدالة والديمقراطية/حركة التجديد بدور ريادي في مجالات مناهضة وفضح تلك الممارسات.
إلا أن هذه التنظيمات وخلال هذه الآونة تشهد بعض الوهن إن لم نقل الشك في مآلات النضال وبخاصة لدى (حركة أفلام) وهو ما يتبدى أكثر لدى غريمها المراجع (التحالف من أجل العدالة والديمقراطية/ حركة التجديد) بالإضافة إلى باقي التنظيمات التي تعيش حاليا تصدعات داخلية ظاهرة تتزامن مع تدشينها لمرحلة من الغياب عن جبهات التنديد والمواجهة مع المؤسسة المجتمعية التقليدية و الوقوف ضد مختلف أشكال الاستعباد والتمييز المؤسسين إلى يومنا هذا للدولة الموريتانية ونعني بذلك (الحر والتحالف الشعبي التقدمي)، وهي سابقة أولى من نوعها سواء على نطاق الذود عن المبادئ والأفكار والتشبث بها رغم المحن والمضايقات أو المجاهرة بالرفض لكل الممارسات الآنف ذكرها والسارية طوال عمر الدولة الموريتانية.
إننا نأسف لهؤلاء حين ما عاد لهم من ذكر فاعل غير الاقتصار ومنذ فترة على مناوئة الانقلابات العسكرية التي جرت وكان آخرها إنقلاب الــ06 من أغسطس 2008 وتارة الخروج الجماهيري للتفاعل والتنديد ضد الإعتداءات الإسرائيلية على غزة خلال يناير 2009 وأخيرا تكريس خبراتها النضالية للتضامن مع ضحايا "حملة النظام ضد الفساد"، فنحن في هذه المبادرة بصفتنا سندا لمن لهم علينا أسبقية في النضال كما أن لهم يد لا تنسى عند جميع ضحايا الظلم في هذا البلد وعشاق الحرية والمساواة نوجه لهم نداء من اجل لفتة في هذا الظرف إلى القضية أو القضايا التي أسسوا على أساسها تنظيماتهم بدل انخراطهم في لعبة سياسية تملك المجموعة المتغلبة مفاتيحها كلية.
فنحن نعتبر أن هذا الانخراط اللامشروط بقضايا تخص القطبية المحتدمة بين المجموعة المتغلبة وهذا التضامن اللامحدود كان من الواجب توسيعه بصفة علنية ورسمية ليطال مضمونه الممارسات العنصرية البدائية الشائعة داخل الأوساط الاجتماعية والسياسية والثقافية والتمييز بشتى أشكاله وألوانه وعلى كامل أصعدة ومجالات الحياة؛ و باعتبار هاتين الظاهرتين الصارختين لا تزال ممارستها متفشية وبشكل ملموس داخل الوظيفة العمومية وأسلاك الدولة الموريتانية منذ النشأة وحتى يومنا هذا، كما كان يجدر بهم توسيع هذه النضالات و استثمار رصيدهم النضالي لحث طبقتنا السياسية لأجل المساهمة في المجهود الحقوقي الهادف إلى إيقاف الحملات الممنهجة على صعيد نزع الملكيات العقارية ذي الطابع العنصري والعبودي مع ضرورة أن تشمل أيضا هذه التنديدات الممارسات الاستعبادية الواسعة الانتشار، وما يصاحب تعاطي السلطات القضائية والإدارية مع القضايا معها من تمرير منهج الإفلات من العقوبة، وكان حريا بهذه النخبة السياسية إعادة الانتباه من جديد لما توفره السلطات الموريتانية للمجموعات القبلية والعشائرية المترفة والمؤسس نمط عيشها على الاستعباد والقهر والاستفراد بالمال العام.
نرى أن النظام الحالي وهو يمثل الامتداد الأمين لسابقيه يسعى لتكريس نمط إقصائي مبني على التابوهات الاجتماعية ونظام الخطوط الحمراء حيال جميع أشكال العمل والتحليل الاجتماعي الرامي إلى إحداث التغيير الحقيقي والمنشود تسريع الحصول عليه بدون مساومة ضد المتشبثين بالعبودية والعنصرية والفوقية كنمط فريد للحكم، وليس هناك مؤشر يقدر مدى مساهمة التشكيلات السياسية والمنظمات المدنية غير ضرب هذه الحواجز والخطوط الحمراء من العمق وإلا فإنها ستبقى قابعة في لعب دور المشرع للديمقراطية المزيفة باعتباره مكملا لديكوراتها من أجل تبرير جميع أشكال الظلم والاستبداد القائم في هذا البلد.
و في هذا اليوم تقدم مبادرة المقاومة من أجل الإنعتاق لوسائل الإعلام وللرأيين الوطني والدولي عدة حالات خطيرة مرتبطة بالإنتهاكات المتواصلة لحقوق المواطنين، وتعشش على ملفاتها علامات أكيدة بحصول التمييز على أساس مجاميع الحيف التقليدية، وهو ما يتعلق بالحقوق الجوهرية للكائن البشري؛ ألا وهي تحقيق العدالة ونفاذ المتقاضين إلى نظام قضائي مدني وموحد وخال من تناقضات النصوص والقوانين وخاصة ما يتعلق منها بالمعاملات والعقوبات الجنائية ومدونة الأحوال الشخصية، وما يرتبط بذلك من أحكام ذات منشأ غير مدني كالجلد والحكم بالإعدام أو قطع اليد وكلها قد تدخل في دائرة ما يخص النسخة المحلية من الفقه المالكي المطوع من طرف نظام وعقل الفئة الواحدة.
ومن الشائع إنزال العقوبات على بعض السجناء كحد الجلد أو القصاص إلى غير ذلك من الأحكام التي تواصل السلطات القضائية الموريتانية النطق بها والنتيجة هي أن السجين يبقى داخل السجن دون تطبيق الحكم عليه أو حصوله على حكم بديل إذ أن القضاء يواصل سياسته التقليدية من حيث إنزال العقوبة على أساس الأحكام الشرعية دون تطبيقها، ومن خلال هذه السانحة فإن المبادرة من أجل الإنعتاق توجه نداء للأحزاب السياسية والمنظمات المدنية المستنيرة في هذا البلد لتكثف من مجهوداتها لأجل تكريس العمل بالقانون المدني الحديث في دوائر المحاكم الموريتانية بدل اعتماد النسخة المحلية من نصوص الفقه المالكي التي لا تزال رهينة من حيث التأويل والتفسير بيد المجموعات المتغلبة، ولأن النظام السياسي القائم ليس أهلا لتطبيق الشريعة الإسلامية التي ينبغي أن لا تستغل لمزايداته السياسية، كما أن الدول الأكثر حداثة في عصرنا الحالي قد خطت خطوات كبيرة في مجال تكريس مبدأ الفصل بين الدين والقضاء.
نواكشوط، في 06/02/2010
INTERVIEW BIRAM OULD ABEID PAR LE DIVAN
| « L´Etat mauritanien arme les arabo-berbères comme le régime soudanais arme les Janjawides» Birame Ould Dah, président de l´IRA
Le Divan : La lutte contre l´esclavage constitue votre cheval de bataille. Les autorités mauritaniennes ont cependant toujours nié l´existence de ce phénomène et parlent plutôt de séquelles de l´esclavage. Comment jugez-vous cette attitude ? Birame Ould Dah : Je pense que la question de l´esclavage reste une problématique fondamentale dont dépend non seulement la démocratie dans le pays, mais aussi l´existence des règles de l´état de droit. De cette question dépend aussi la paix civile future dans le pays. L´esclavage en tant que pratique reste un mode de vie de la communauté arabo-berbère .Il reste aussi relégué dans une zone de non droit par les corps d´état chargés de dire et d´appliquer la loi :officiers de police judiciaire, magistrats, administrateurs de commandement à cause de leur unicité de destin avec ceux qui le pratiquent. La communauté haratine, nombreuse et laborieuse mais pauvre tout de même est systématiquement marginalisée se doit un jour de relever la tête pour remettre en cause la violence systématique qui l´humilie. En effet, nous constatons qu´il ne se profile à l´horizon aucune prise de conscience de la part du pouvoir ou des lignages arabo-berbères dominants qui ont bâti un régime de privilèges sur l´esclavage et les dominations. Le Divan : Donc vous trouvez que c´est par la violence qu´on peut changer cet état de choses ? B.O.D : Oui, le choc par la violence indicible ; car ceux qui portent la bonne parole, qui tirent la sonnette d´alarme et qui appellent à la solution par le droit sont comme nous diabolisés, diffamés et mis en quarantaine, ce qui anéanti leurs efforts. De ce fait, cela ouvre la porte aux jeunes qui sont dans nos dos qui trouvent que la lutte pacifique ne donne pas de résultat, ce qui renforce le camp de l´action violente. Le cas des Aghzazirs est très flagrant avec l´implication des pouvoirs politique, parental et partant népotiste et des tribunaux instrumentalisés par les groupes dominants esclavagistes dans des décisions administratives et judiciaires qui corroborent l´esclavage et ses pratiques. En effet, les féodaux kounta qui exploitent les Aghzazirs utilisent de nos jours l´influence qu´ils ont à travers les liens de parenté avec l´actuel président pour faire passer la légitimation de leurs redevances sur les Aghzazirs qu´ils considèrent comme des serfs. Et à travers ce népotisme, ils obtiennent le concours des autorités dans cette affaire. Donc l´Etat nie l´existence de l´esclavage parce que ce sont ceux qui sont aux affaires qui le pratiquent et en profitent. Le Divan : Donc pour vous, il n´ y a eu en Mauritanie aucune avancée dans la lutte contre l´esclavage ? B.O.D : Aucune avancée n´est à signaler. La loi qui a été adoptée récemment, c´est tout juste pour faire le change devant la communauté internationale. Dans l´entendement des autorités, cette loi n´est pas faite pour être appliquée. En effet, depuis sa promulgation, des cas d´esclavage avérés ont été amenés devant les autorités compétentes mais n´ont jamais été reconnus ni sanctionnés. Donc une impunité totale est assurée. Aucun juge ne peut appliquer la loi sur l´esclavage car s´il le faisait, il sera indexé par les parents du condamné et cela va se retourner contre lui. S´agissant de la campagne dont vous avez parlé, il n´ y a jamais eu de campagne de sensibilisation sur l´esclavage. Celle à laquelle vous faites allusion et qui a eu lieu à l´époque du président Sidi avait été orchestré contre nous, les militants anti-esclavagistes. Quand à Aziz et ses amis, ils n´ont jamais reconnu l´existence de l´esclavage pour le combattre. Le Divan : Dans son discours de politique générale, le premier ministre avait prôné une discrimination positive en faveur des couches marginalisés. Qu´en pensez-vous ? B.O.D : C´est pour tromper l´opinion internationale. Avant de prôner la discrimination positive, il faut d´abord instaurer la justice. Le Divan : Et à propos du dernier conclave du parti au pouvoir sur les 50 ans d´indépendance ? B.O.D : C´est une rencontre vide de sens. Nous ne sommes pas d´accord avec eux sur les thèmes. Les vrais problèmes de la Mauritanie n´ont pas été évoqués à savoir la question de la cohabitation, la discrimination raciale, le racisme d´état contre les noirs...Ces questions ne sont pas encore soldés et ne peuvent pas être évacués. Il y a aussi le régime social, culturel et économique imposé aux haratines qui consacre leur marginalisation et leur assimilation forcée. Autre question d´envergure nationale : c´est la propriété foncière. Les populations noires et haratines sont expropriées. Leurs terres deviennent des colonies et les arabo-berbères se conduisent comme des colons. Qu´ils soient administrateurs, officiers ou hommes d´affaires ; que ça soit à Nouakchott ou à l´intérieur du pays, eux seuls ont droit de porter des armes. Ils organisent au grand jour des tournois de tir à la cible alors qu´un noir ou un haratine pris avec une arme, c´est la prison. De ce fait, les arabo-berbères préparent la guerre civile. L´Etat les arme au détriment des autres comme le régime soudanais qui arme les Janjawides. Autant Sadam Hussein a été un appui décisif pour les Maures sous Moawiya pour exterminer les noirs, autant Omar El Béchir et Ahmédi Nejad vont appuyer l´élite arabo-berbère pour casser le réveil des haratines et les écraser. Le Divan : Que pensez-vous du dialogue engagé par les autorités mauritaniennes avec les Salafistes ? B.O.D : C´est une manière pour la communauté arabo-berbère dirigée depuis toujours par le clergé (chefs religieux) d´assurer l´impunité à ses enfants impliqués dans des crimes de sang. C´est là un complot contre la vérité, contre le droit et contre le droit international. C´est un complot ethnique. C´est un procédé pour tromper l´opinion publique internationale, pour tromper nos partenaires. C´est une manière de blanchir des crimes de terrorisme. Et je ne peux que dire ici que la société arabo-berbère est structurée par le fanatisme religieux et la xénophobie confessionnelle dû à une forte religiosité. Je dis bien religiosité et non piété, c´est très différent. Il n´existe pas de différence de principe entre Hamden Ould Tah, Mohamed El Hacen Ould Dedew et Ahmedou Ould Lemrabott avec les jihadistes comme Semane et ses amis. La seule différence c´est une différence dans la tactique. La franchise dans ce dialogue est plutôt à rechercher du coté des Salafistes pas de celui des Oulémas. Dedew avait invoqué une obligation de soutenir El Béchir dans sa guerre contre les populations du Sud Soudan ;Ould Tah avait quant à lui loué les vertus de l´esclavage et cautionnée l´utilisation de la violence pour accéder au pouvoir. De son coté, Ould Lemrabott avait qualifié tous ceux qui étaient contre le putsch de 2008 d´alliés des mécréants ce qui revenait à dire qu´ils sont tous des mécréants. Le Divan : Un mot sur la lutte contre la gabegie menée par le président Aziz ? B.O.D : Cette lutte ne nous concerne pas. Ce n´en est pas une. La gabegie, c´est le système raciste et esclavagiste qui exploite la population mauritanienne, les communautés laborieuses. Ce système raciste instaure l´injustice partout. La gabegie, elle est interne à la communauté arabo-berbère. C´est entre eux, donc c´est loin d´être notre priorité. Notre priorité à nous, c´est la déconstruction de l´Etat ethnique et esclavagiste qui a porté au pouvoir Moktar Ould Dadah,Haidalla, Moawiya, Ely, Sidi, Aziz...Eux tous l´ont servi avec les mêmes ailes même si c´est de manière différente. Propos recueillis par Bakari Guèye Source le divan |
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